Le tir à l’arc

La Flèche

Des recherches, des trouvailles de flèches, pourrait faire penser que l’arc existe depuis au mois 20 000 ans, mais ces flèches ont pu être lancées par des atlatls plutôt que des arcs. Les pointes les plus anciennes proviennent de Tunisie et datent de 50 000ans.
Des flèches équipées de pointes datant du Mésolithique ont été trouvées dans plusieurs pays d’Europe du Nord. Elles étaient souvent plutôt longues (jusqu’à 1,20m). Quelques unes étaient équipées de pointes, d’autres étaient équipées d’une extrémité contondante pour la chasse des oiseaux et du petit gibier.
Par la suite, l’arc a remplacé l’atlatl comme moyen principal pour lancer des projectiles, sur tous les continents à l’exception de l’Australie.

L’Arc

L’arc semble avoir été inventé vers la fin du Paléolithique ou le début du Mésolithique.
Certaines peintures rupestres d’Espagne orientale attestent de son existence il y a 10 000 ans. Dans les années 1940, deux arcs ont été trouvés au Danemark. L’arc complet mesure 1,50m de long. Les arcs du type « Holmegaard » ont été utilisés jusqu’à l’Age du bronze; la convexité de la section a décru avec le temps.

La Mythologie

Grecque et Romaine
Apollon est le dieu des archers, ainsi que de la peste et du soleil, considéré métaphoriquement comme tirant des flèches invisibles. Artémis (Diane), déesse des zones sauvages et de la chasse, et Eros (Cupidon), dieu de l’amour, sont souvent représentés avec un arc. Les premières représentations du héros Héracles (Hercule) le dépeignent comme un archer, ainsi qu’Ulysse.

Autres mythes et légendes
Les archers sont des divinités ou des héros dans plusieurs autres mythologies, tel qu’Egil ou Agilaz, un frère du dieu forgeron Völund dans la mythologie nordique, ainsi que dans des légendes tels Guillaume Tell, le héros danois Palnatoki ou Robin des Bois. L’arménien Haïk, Le Babylonien Marduk, Arjuna l’Indien, et Arash le Persan et ont tous été archers. Yi l’archer apparait dans plusieurs mythes primitifs Chinois, et le personnage historique Zhou Tong maître archer sous la Dynastie Song apparaît sous nombreuses formes de fiction.
Des personnages légendaires, comme Drona, sont représentés comme des maîtres en archerie. Des personnages mythologiques tels qu’Eklavya, Karna, Rama, Lakshmana, Bharat et Shatrughan sont également associés à l’arc.

L’Antiquité en Europe Occidentale

Les premiers Romains avaient très peu d’archers, s’ils en avaient. Au fur et à mesure que leur empire croissait, ils ont recruté des archers dans les autres nations. Les armées de Jules César en Gaule incluaient des archers Crétois, et Vercingétorix avait ordonné que « tous les archers, qui sont très nombreux en Gaule, doivent être rassemblés ». Au cours du IVe siècle, des archers avec de puissants arcs composites faisaient partie de l’armée régulière Romaine à travers tout l’empire. Après la chute de l’empire occidental, les Romains se sont trouvés sous la pression des archers à cheval des Huns, et les armées Romaines d’orient ont compté énormément sur leur archerie montée. D’après César, les Germains et les Gaulois n’utilisaient pas l’arc à la guerre. Il en était de même pour les Francs lors de l’invasion de la Gaule. L’arc n’était pas inconnu de ces peuples, car ils l’utilisaient à la chasse, mais dans leurs critères, la valeur d’un homme se mesurait lors d’un combat au corps à corps.

Le Tir européen au Moyen Age

Ce n’est qu’un peu avant Clovis (465) que l’arc a été adopté par les Francs à la guerre, bien que son utilisation n’ait pas été généralisée avant la fin du VIIIe siècle, mais contrairement à ce que disent certains mythes populaires, les archers n’étaient pas aussi prédominants à la guerre. Les archers étaient souvent les soldats les moins payés d’une armée, ou étaient recrutés parmi les paysans.
L’arc était rarement utilisé pour décider de l’issue d’une bataille, et était souvent vu comme une arme de classe inférieure ou comme un jouet par la noblesse.
Charlemagne exigeait de ses soldats qu’ils soient équipés, en plus de leurs armes habituelles, « d’un arc avec deux cordes et douze flèches ».
À sa mort en 814, ces ordonnances qui régissent l’équipement tombent en désuétude, mais les invasions des Normands qui excellent au tir à l’arc redonnent vie à cette arme.
Ce sont aussi les Normands qui vulgarisent l’usage de l’arc en Angleterre.
Lors de la Guerre de Cent Ans, les Anglais ont appris à utiliser l’archerie comme élément de domination tactique avec leurs arcs droits. Des tournois, avec des récompenses pour les vainqueurs, étaient organisés pour encourager les archers. Il y avait ainsi énormément de motivation pour devenir un archer expérimenté, et les rois Anglais pouvaient ainsi recruter des milliers d’archers chaque année.
En 1346, à la bataille de Crécy, et en 1356, à la bataille de Poitiers, les archers anglais défont les armées françaises. Ce ne fut qu’à la fin de la guerre de Cent Ans qu’on songea en France à revenir à la pratique de l’arc.

Monde Moderne

Le 2 Novembre 1439, Charles VII crée les compagnies d’ordonnance, corps de cavalerie permanente. Chaque compagnie est composée de cent gentilshommes, dont chacun est suivi par deux valets et trois archers montés. Le 28 Avril 1448, il crée les Compagnies de francs-archers. Celles-ci sont exemptées d’impôts et sont entretenues par les villes. Elles ont un rôle de défense des cités.
La Révolution française dissout les compagnies d’arc par décret de l’assemblée nationale en 1789, dès lors la grande majorité des archers sont incorporés à la garde nationale. La Chevalerie d’arc reforme des compagnies mais sans statuts militaires. Dès 1797 la compagnie de Fontainebleau reprend corps. À partir de cette date, le tir à l’arc devient un jeu.
En Angleterre, une des références à l’utilisation de l’arc dans une bataille anglaise semble être lors d’une escarmouche à Bridgnorth, en Octobre 1642, pendant la Guerre civile anglaise. L’archerie est restée en vogue chez certains peuples sujets à une limitation sur la possession d’armes, telles que les écossais pendant la répression qui a suivi le déclin du Jacobinisme, ainsi que les Cherokees après la Piste des Larmes. Le Shogunat Tokugawa a sévèrement limité l’import et la manufacture d’armes à feu, et a encouragé les talents martiaux traditionnels des samouraïs.

Monde Contemporain

En période de guerre, la mort la plus récente attribuée à l’archerie Anglaise a été probablement en 1940, pendant la retraite de Dunkirk, lorsqu’un champion de tir à l’arc, qui avait apporté son arc au service actif « eu le plaisir de voir sa flèche frapper l’Allemand du centre à la gauche de la poitrine et pénétrer son corps « . L’utilisation de l’arc est rapportée au XXIe siècle dans certains conflits africains. Ci-contre: La compagnie royale des archers, une unité de cérémonie de la reine d’Angleterre devant le Château d’Édimbourg en 2006.
A partir du XIXe siècle, en dehors de ces quelques exemples, l’archerie traditionnelle est utilisée pour les loisirs et la chasse dans plusieurs régions, bien après son abandon à la guerre. En Turquie, vers 1820, Mahmud II a encouragé cette utilisation, mais l’art de la construction des arcs composites disparut vers la fin du siècle. Le reste du proche orient a également perdu la tradition du tir à l’arc à la même période. En Corée, la transformation de l’entraînement militaire en loisir a été initiée par l’empereur Kojong, et est devenue la base du sport moderne. Pendant ce temps, les Japonais continueront à fabriquer et utiliser leur traditionnel yumi. Parmi les Cherokees et les Anglais, l’utilisation de l’arc droit n’a jamais totalement disparu.
L’archerie montée continue d’être pratiquée dans quelques pays d’Asie, mais n’est pas utilisée en compétitions internationales. De nos jours, en Hongrie, l’archerie montée fait l’objet de compétitions. L’archerie est le sport national du Royaume du Bhoutan.

Le Tir à l’arc Moderne

A partir des années 1920, les ingénieurs ont trouvés un intérêt à l’archerie, auparavant chasse gardée des facteurs d’arcs traditionnels. Ceci a conduit à la commercialisation de nouvelles formes d’arcs, incluant les arcs classiques modernes et les arcs à poulies. Ces arcs sont devenus prédominants dans l’archerie occidentale.

Le Tir d’aujourd’hui

Vers 1850, les compagnies se regroupent en familles. Par la suite, en France, les compagnies prendront le statut d’associations loi de 1901.
Le tir à l’arc a fait partie des Jeux olympiques de 1900, 1904, 1908 et 1920.
En 1931, la première organisation internationale voit le jour à Lwow en Pologne, où la France, la République Tchèque, la Suède, la Hongrie, l’Italie, la Pologne et les États-Unis créent la Fédération internationale de tir à l’arc (FITA), à laquelle adhèrent aujourd’hui 140 pays.
Un des objectifs de la FITA est de faire réintroduire le tir à l’arc aux Jeux olympiques, ce sera chose faite en 1972.
La FITA est représentée en France par la FFTA (Fédération française de tir à l’arc), en Belgique par la Fédération Belge de Tir à l’Arc, au Canada par la Fédération Canadienne des Archers, en Suisse par l’Association Suisse de Tir à l’Arc (ASTA-SBV).
En 1970, l’IFAA (International Field Archery Association) voit le jour aux États-Unis. Son but est de promouvoir le tir nature (field archery), elle reste proche d’un esprit de chasse. Elle est représentée en France par la FFTL (Fédération Française de Tir Libre), en Suisse par la FAAS (Field Archery Association Switzerland), au Canada par la Fédération canadienne des archers (FCA).

Source : Wikipedia